A cause de Buenos aires, la liste des villes ou j'aimerai bien habiter s'allonge... Meme si elle est bruyante et pas toujours acceuillante pour le pieton (ou le touriste), c'est une metropole avec du charme. En bonne metropole latine, les trottoirs forment un gigantesque café, abreuvé par des vendeurs ambulants de maté. Il y a le meme taux de psy par habitant qu'a Paris, mais ca ne suffit pas a eponger tout ce que peux dire un argentin (malheureusement trop vite pour moi). Côté urbain, le developpement post-colonial a bien pris: les larges allees plantees et la verdure rendent la circulation supportable. Dans les bois de recoleta, il y a des promeneurs de chien comme a Central Park. Avec un bon reseau de metro, plein de bus aux diesel mal regles et des taxis. C'est ahurissant cette activité! Le mélange de styles est sympa: batiments officiels classique d'inspiration coloniale, docks rehabilités en quartier chic, centre d'affaire moderne, rue des arts qui se prends pour Time Square, vie nocturne trés animée et vieux quartiers populaires pleins de charme ( pour La Bocca, j'ai pas eu le temps d'apprecier). Bon, si on gratte un peu, il y a de sérieux besoin de modernisation: dans le centre Recoleta qui propose les expos plus pointues, la peinture craquelle et les rayons de la bibliotheque nationale ont un stock vieillot. Le dynamisme l'emporte, malgré une guerre des Malouines pas digerée: pas de reconnaissance pour les anciens combattants, la releve de la garde au monument en souvenir des Malouines interresse plus les tourites que les Argentins qui detournent le regard.
Au musee des beaux arts, l'influence europeenne s'impose enormemement. L'art precolombien est reduit a sa plus triste expression, les artistes locaux ont surtout imité leurs homologues européens et les artistes post-independance ont plus illustré naivement le patriotisme d'une nation en construction que developpé des mouvements originaux. Le tableau est un peu caricatural, mais c'est mon impression. Avec l'art moderne et contemporrain, on sort enfin de l'imitation pour des créations locales. La visite se termine sur une expo sur l'art contemporrain coréen, mondialisation quand tu nous tiens... Esprits decolonisés ou cosmopolitisme cheap?